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De la Seigneurie de l'Île Jésus à la Ville de Laval
- 4 siècles d'histoire -
 
par
Serge Gravel
 
 
La seigneurie de l'Île Jésus

L'histoire de Laval commence en 1636 alors que la Compagnie des Cent Associés concède l'île aux Jésuites. L'île restera à l'état sauvage jusqu'à son acquisition par François Berthelot en 1672 qui l'échangera à Mgr de Laval pour l'île d'Orléans en 1675. Son nouveau propriétaire, Monseigneur François Montmorency de Laval cédera sa seigneurie au Séminaire de Québec, en 1680 pour lui assurer les moyens financiers nécessaires à la poursuite de sa mission.

Son légataire, le Séminaire de Québec, a été le 4e et dernier seigneur de l'île Jésus, pendant 174 ans, de 1680 à 1854 soit, jusqu'à la fin du régime seigneurial.

Si au début le développement est très lent en raison de la guerre avec les Iroquois, il s'accélère suite à la Grande Paix de 1701. Dès 1702, les registres de la paroisse Saint-François-de-Sales s'ouvrent, suivis de la fondation des paroisses de Sainte-Rose et de Saint-Vincent-de-Paul en 1740.

Le développement se fait d'est en ouest. Les terres agricoles sont concédées par le seigneur, d'abord le long des rivières à partir du principal domaine seigneurial situé sur la pointe est de notre île, les rangs des côtes du Sud et du Nord, puis à l'intérieur des terres, les rangs Saint-François, Saint-Elzéar, etc. En 1780, on déménage plus à l'ouest les églises de Saint-François-de-Sales et de Sainte-Rose. On fonde les paroisses Saint-Martin en 1774 et Sainte-Dorothée en 1869.

Le centre économique suit aussi la direction de l'est vers l'ouest. Le centre des transactions est au manoir seigneurial, voisin de l'église et des premiers moulins qui se trouvent d'abord sur la pointe est. Ce centre est graduellement déplacé vers le moulin du Crochet sur le territoire de la paroisse Saint-Martin qui prend le rôle de principal lieu d'affaires même si Sainte-Rose porte le titre de chef-lieu.

Voilà tracé en quelques phrases l'histoire du développement agricole de l'Île Jésus. Ce qui est spécifique à Laval, c'est que nous pouvons suivre ce développement dans le moindre détail. Pour les amateurs d'histoire locale, c'est le paradis. Réalisez que les prêtres du Séminaire de Québec ont compilé terre par terre la concession originale, le paiement des rentes année après année, les subdivisions, les transactions de vente ou de donation, etc. ont déterminé des cadastres et des plans et ce pendant 174 ans. Réalisez que l'on a conservé la plus grande partie des contrats des notaires d'avant les bureaux d'enregistrement. Réalisez que presque tous les registres paroissiaux ont traversé intacts le temps. Nous pouvons vraiment conclure que Laval est privilégiée à cet égard.

L'homme qui a donné son nom à notre ville mérite d'être mieux connu. Homme de religion et philanthrope, Monseigneur de Laval était aussi un bâtisseur, un administrateur et un visionnaire. Notre Société promeut le projet d'ériger à ce fondateur un monument digne de son œuvre.
 

La fin du régime seigneurial

La fin du régime seigneurial en 1854 est l'un des changements fondamentaux de cette période. C'est aussi la création des corporations municipales qui s'occuperont d'abord des fossés et des chemins, de la construction de ponts ouvrant aux agriculteurs le marché de Montréal. Cela nous fera passer d'une agriculture de survivance à une agriculture spécialisée; nous deviendrons le jardin de Montréal.

En 1876, avec l'arrivée du chemin de fer, ce sera le début de la villégiature sur les rives de nos rivières.

Au tournant du siècle, de nouvelles municipalités se forment pour accueillir les travailleurs de Montréal désirant s'installer en banlieue, elles seront au nombre de 16 à la veille de la Révolution tranquille. De 10000 personnes au cours de la 2e partie du XIXe siècle, la population augmente graduellement à 55000 de 1900 à 1951 puis à 156000 en 1963. À cette époque, seuls 4% des nouveaux acheteurs de maisons occupent un emploi local. La désignation de «villes-dortoirs» était tout à fait justifiée.
 

Les fusions: La naissance de Laval

Cette progression de l'augmentation de la population ne se fait pas sans mettre en évidence le manque de cohérence des différentes municipalités comme par exemple le choix des grandes voies de circulation, la canalisation rationnelle des eaux usées, l'usage optimum du sol par un plan d'urbanisme unifié, etc. Déjà en 1961, Saint-Martin, L'Abord-à-Plouffe et Ville Renauld se fusionnent pour former Chomedey. Cette dernière innove en accueillant les premières entreprises industrielles non artisanales sur l'Île Jésus, dans son nouveau parc industriel.

La table était mise pour la fusion des 14 municipalités restantes pour former Ville de Laval en 1965. En 2010, la population de la 3e ville du Québec atteint 400000 habitants et ses 11000 entreprises emploient 120000 personnes. Ces quelques chiffres montrent le chemin parcouru.

Mais, Laval conserve tout de même de grands espaces agricoles, des cœurs villageois à exploiter, des lieux et des biens patrimoniaux de premier ordre à protéger.

Par Serge Gravel

 
 
La seigneurie de l'Île Jésus    par Serge Gravel
 
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